Qu’est–ce que l’arthrose du genou ?


L’arthrose du genou, ou gonarthrose, est une usure d’une partie ou de la totalité du cartilage articulaire du genou. Elle peut atteindre un seul ou les deux genoux. Elle entraine des douleurs qui vont limiter progressivement les activités physiques et les activités quotidiennes comme la marche, la montée ou descente des escaliers.


L’articulation du genou est constituée de 3 parties ou compartiment : compartiment fémoro-tibial médial, le compartiment fémoro-tibial latéral et le compartiment fémoro-patellaire. Dans 1/3 des cas, l’arthrose ne touche qu’un seul compartiment (arthrose unicompartimentale), le compartiment fémoro-tibial médial le plus souvent. Dans les autres cas, elle touche l’ensemble du genou (arthrose tricompartimentale).

La gonarthrose concerne 30% des patients de plus de 65 ans. Elle est trois plus fréquente que l’arthrose de la hanche (1).


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Figure 1 : Anatomie du genou et gonarthrose Figure 2 : Radiographie du genou de face et de

profil avec arthrose tri compartimentale


Il existe de nombreux facteurs favorisants de la gonarthrose :

- l’âge

- le sexe : l’arthrose est plus fréquente chez la femme - le poids : une surcharge sur le genou entraine un excès de contraintes responsable d’une usure prématurée du cartilage articulaire

- les activités professionnelles et/ou sportives : elles entrainent des microtraumatismes répétés du cartilage

- une déviation de l’axe du membre inférieur : en cas de genu varum (pieds en dedans), les contraintes sont plus importantes sur le compartiment fémoro-tibial interne. A l’inverse du genu valgum (pieds en dehors) où les contraintes passent préférentiellement en dehors.

- un traumatisme du genou : fracture articulaire autour du genou, entorse grave avec rupture du ligament croisé antérieur, lésion des ménisques

- une maladie métabolique, inflammatoire (polyarthrite rhumatoïde) ou infectieuse (arthrite septique)


Les symptômes varient en fonction du compartiment articulaire atteint par l’arthrose. La douleur du genou est diffuse. Elle survient pendant la marche, la montée ou la descente des escaliers. Elle est soulagée par le repos. Le matin, l’articulation est enraidie avec un temps de dérouillage. Il existe des poussées inflammatoires qui vont accentuer ces douleurs y compris la nuit. L’évolution est souvent lente avec des périodes de calme entrecoupée par des périodes de poussées.


Aucun traitement ne permet de guérir de l’arthrose. L’objectif de la prise en charge est de ralentir son évolution par des mesures hygiéno-diététiques, des médicaments. La mise en place d’une prothèse totale du genou ne sera envisagée que lorsque l’arthrose est très évoluée et non soulagée par le traitement médical.


La prise en charge de l’arthrose du genou repose sur l’association de plusieurs mesures au quotidien :

- Une bonne hygiène de vie avec des activités physiques régulières et adaptées :

o Éviter les marches dans les périodes les plus douloureuses

o Favoriser la marche au quotidien en dehors des poussées très douloureuses

o Eviter les sports qui sollicitent les genoux (vélo, ski...), les stations debout prolongées et le port de charges lourdes

o Prendre une canne en période douloureuse en la tenant du côté opposé au genou le plus atteint


- Une perte de poids lorsqu'elle est nécessaire

- Un traitement médicamenteux pour soulager la douleur lors des poussées inflammatoires d'arthrose : le paracétamol est utilisé en première intention et, s'il n'est pas efficace, les anti-inflammatoires non stéroïdiens (2)

- Le port quotidien de semelles orthopédiques avec coin pronateur afin de mieux repartir les contraintes sur le genou

- Le port d'orthèse du genou pour diminuer les pressions exercées sur le compartiment du genou atteint (attelle sur mesure avec des contraintes varisantes ou valgisantes)

- La rééducation personnalisée afin de préserver la mobilité de l'articulation et de conserver la musculature


En cas de persistance des douleurs malgré cette prise en charge, des infiltrations de corticoïdes et/ou de gel d’acide hyaluronique peuvent être discutées avec votre médecin traitant et votre rhumatologue. L’objectif est de diminuer les douleurs mais ces infiltrations n'ont aucun effet sur la structure du cartilage.


Le traitement innovant par injection de PRP (Plasma Riche en Plaquette) et cellules souches peut être proposé mais ce traitement est encore en cours d’évaluation (3).


A un stade avancé, le traitement médical n’est plus efficace et il se pose la question d’une intervention chirurgicale. L’objectif de l’intervention est le soulagement de la douleur, la récupération des amplitudes articulaires et la reprise des activités quotidiennes.


(1) The New Arthritic Patient and Arthroplasty Treatment Options. JN Argenson, S Parratte, et al.

JBJS Am 2009.

(2) Effectiveness of AINS drugs for the treatment of pain in knee and hip osteoarthritis: a network meta-analysis. BR Da Costa et al. The Lancet 2016

(3) Hyaluronic Acid Versus Platelet Rich Plasma: a prospective double-blind randomized controlled trial comparing clinical outcomes and effects on intra-articular biology for the treatment of knee osteoarthritis. BJ Cole et al. Am J Sport Med 2017